Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 10:15

 

La mer à perte de vue, le rivage où les vagues viennent claquer le sable fin, une plage d'un centaine de mètres de large et enfin les falaises taillées comme un joyau, voilà en quelques mots ce qui s'étendait durant des kilomètres.

Le jour, les touristes viennent planter leurs parasols, la nuit c'est au tour des pêcheurs et leurs ballets de tracteurs et enfin le matin, ce sont les mouettes qui assiègent l'étendue de sable entre deux mondes. Ce qui est le plus fascinant ici, ce sont les moments de transition car dans ce lieu où la mer croise la terre, la rencontre des vacanciers avec les poissons frais juste péchés et celles des mouettes avec leurs proies abandonnées offrent à cet espace figé une animation bien sympathique.

Et moi dans ce décor paradisiaque, je continue mon exode solitaire.

Par ailleurs, ou plutôt par ici, il suffit d'un lagon, le « lagoa de Albufeira » pour que le sol trouve un trésor à vendre à ces masses citadines venues chercher repos et changement.

Je parais être une bête bien étrange que l'on regarde tantôt avec surprise tantôt avec admiration.

Par Spoil - Publié dans : vOYAGE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 19:42

 

Bientôt, bientôt le vrai départ mais bien tard, si tard quand on sait que nous sommes le 15 juillet et qu'il y a déjà une dizaine de jours que les contraintes professionnelles ont cessé de me prendre dans leur étau.

Enfin une semaine depuis la sacro sainte décision de l'administration de me renouveler.

Dans leur monde, c'est un garde-fou qui dure un an ; pour moi ce sera une année à voir au dessus de ma tête une épée de Damoclès, encore un an de liberté surveillée, de quoi briser l'entrain des débuts. Je suis déjà en partie dégouté de ce monde, et entièrement écoeuré par ce système, le système.

Le monde des adultes est fort laid pour s'y fondre tel un pion. Je préfère les enfants, leur système est le mien pendant leur année scolaire, le temps de l'école au moins. Par contre, pour moi, il sera quasi permanent, il faudra juste jouer la comédie les quelques heures où ces conseillers, formateurs, inspecteurs rentreront dans ma classe. Je dis bien « ma », car l'avantage de ce piètre démarrage est qu'ils m'offriront des conditions meilleures pour mon premier poste.

 

Je l'imagine déjà, ma classe. Façonnée à mon image, restant après la classe pour savourer et préparer. J'arrêterai d'être le nomade du savoir, non pas que le nomadisme me déplaise mais surtout que j'ai passé une grande partie de mon enseignement à déconstruire méthodiquement ce que les autres ont batti. Je n'ai pas de regret car je sais que ce je peux leur apporter, à mes drôles, ne peut être que meilleur que cette vision restreinte de leur potentiel de croissance. Je les veux libres et acteurs, sereins et aptes à se construire selon leur nature sans ce satané dressage à la norme qu'on veut leur imposer.

Si l'enseignement est le lien entre le passé et le futur, il faut être à même de tirer du passé le futur, mais pas un présent conservé, un réel temps d'après, selon un déséquilibre constant qui permet d'être prêt à tout. Ouvrir toutes les portes pour eux, changer sans cesse pour les faire s'adapter. J'ai déjà pu observer qu'avec moi, ce ne sont pas les mêmes élèves qui réussissent. La raison est bien simple : je change les règles sitôt qu'elles sont comprises, ne laissant ainsi pas le temps au contrat didactique de se mettre en place et favoriser ainsi les petits soldats préformatés, qui connaissent par leurs acquis sociaux comment se conformer au système et anticiper les attentes du maître.

Je veux une classe sans classe en quelque sorte.

 

Par Spoil - Publié dans : vOYAGE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 10:14

 

Descendre au Sud, toujours, jusqu'à n'avoir devant soi que l'obligation de changer de direction.

Longer la côte à travers le parc naturel puis retrouver la civilisation éphémère des stations balnéaires de la région de Faro. Là je trouverais le plaisir du contraste, de la différence salvatrice.

 

Ici, on a l'impression d'être à l'abri des intempéries et d'une pression sécuritaire qui aurait tendance à chasser les sages ermites comme moi.

 

Je marche, je mange, je bivouac, sans bruit, sans déchet, sans trace. Les marques du périple s'inscrivent dans ma tête et non dans la Terre.

 

Regardez-les ces touristes qui bâtissent des « paradis » artificiels, qui bétonnent le littoral et interdisent les libres transhumances humaines.

Par Spoil - Publié dans : vOYAGE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 10:19

 

 

Les jours passent mais je n'ai pas encore trouvé la solitude tant recherchée. Après deux jours de bonheur sur les sentiers charentais, la vie sociale ne m'a pas abandonnée au Portugal. Après un mariage à Leira, je continue à descendre vers le Sud mais avec mes parents et le fourgon.

 

Les nuits calmes et solitaires m'offrent un bien utile pansement à ce mode de voyage non choisi. Hier, allongé devant ma tente, le dos contre le sable, la tête reposée sur mon sac, j’admirais la lune qui dépassait les collines, l'air était tiède, je m'étais confortablement installé dans mon duvet et savourait une petite cibiche si longtemps convoitée.

 

Ce qui me dérange le plus dans cette façon de voyager, que j'adopte moi aussi parfois, c'est qu'il recherche les zones denses, les pleins humains où semble-t-il il y a « quelque chose » à voir.

De mon côté, je veux marcher pour atteindre le rare, d'où son vide apparent.

Mon père angoisse par avance de ce périple solitaire et fait reculer Lisboa pour me garder dans son confort.

leira-lisbonne.jpg

Par Spoil - Publié dans : vOYAGE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 10:25

 

Mardi 8 juillet. 20h.

L'aventure commence dans le jardin du domicile parental, j'installe mon premier camp sur la pelouse, à coté de la piscine, décor peu sauvage, savamment domestiqué, au cas où... Premier essai, dernière répétition avant le départ.

Je ne sais si c'est à cause du changement de rythme ou à cause de l’excitation du départ mais le sommeil a tardé à venir me trouver.

 

Mercredi 9 juillet. 7h.

Le réveil sonne, la lumière du jour déjà forte, je suis fatigué mais ma nervosité d'adolescent d'avant son dépucelage me sort du lit. Démontage de la tente, rangement, pliage et puis je déjeune, il y a bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.

 

Cinq heures de marches et quelques pauses et voilà devant Pons la médiévale dressée devant moi. J'ai traversé les paysages lumineux du cognaçais marchant en direction du Sud-Ouest à travers l'immense quadrillage de vignes. Les nuages sont restés à Poitiers, la chaleur est montée avec soleil. A 13h, je suis arrivé à Pons et maintenant je savoure le calme reposant du jardin de l'hôtel des pèlerins.

 

A l'ombre d'un mur, le cahier à la main, je fais la connaissance d'un jeune breton en pèlerinage depuis Brest. Nous discutons, il est ravi de rencontrer un jeune homme, lui sûrement habitué à la solitude et aux marcheurs ridés m'encourage à clore ma journée de marche et prendre la route avec lui. Il est vrai que nous suivions tous les deux le chemin de Saint-Jacques dans la même direction mais contrairement à lui, j'étais parti avec l'idée de prendre le temps de me retrouver et mes choix eurent été certainement différents si j'en étais déjà à quelques jours de marche. De plus, mes jambes et tout mon corps m'appelaient à la marche, à la nuit en pleine nature, et je savais qu'il me fallait être presque à l'épuisement pour mériter accueillir le sommeil réparateur qui parfois tarde à venir aux voyageurs isolés en campagne où les bruits de la nuit sont tout autre, riches, à la fois plaisants et angoissants.

cognac-Pons.jpg

Par Spoil - Publié dans : vOYAGE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés